L’Afrique du Nord apparaît comme l’un des principaux réservoirs d’attractivité  

Publié le 09 juillet 2025

lafrique-moteur-de-la-croissance-des-IDE-face-à-la-démondialisation-Rapport-CNUCED-2025

Une tendance globale à la démondialisation 

general-trend-of-globalization-2023-2024

Le rapport sur l’investissement étranger dans le monde 2025 publié récemment par la CNUCED met en évidence une tendance au recul de la mondialisation. En effet, même si l’investissement direct étranger (IDE) mondial en 2024 a augmenté marginalement de 4 %, ce chiffre est gonflé par des transactions financières volatiles à travers plusieurs économies européennes avec des niveaux élevés de flux de conduits. Sans ces transactions, les flux mondiaux d’IDE ont diminué de 11 % à périmètre constant, ce qui représente une deuxième année consécutive de baisse à deux chiffres.  

À l’exception des États-Unis, l’IDE est en recul dans les économies développées, ainsi qu’en Asie et en Amérique latine.  

Dans ce contexte de performances négatives, l’Afrique émerge comme un des moteurs de croissance des IDE, tandis que les annonces dans des secteurs tels que les technologies de l’information et de la communication (TIC), l’économie numérique ou l’industrie manufacturière ont respectivement fortement augmenté et se sont maintenues. 

Le rebond de l’IDE en Afrique est principalement dû à l’Afrique du Nord 

Le rapport met en évidence un rebond significatif des flux d’investissements directs étrangers (IDE) en Afrique. En 2024, les investissements étrangers sur le continent ont augmenté de 75 %, représentant 6 % des IDE mondiaux, contre 4 % l’année précédente, et dépassant pour la première fois leur part dans le PIB mondial. Parallèlement, les efforts de facilitation de l’investissement ont continué d’occuper une place importante en Afrique, représentant 36 % des mesures politiques favorables aux investisseurs. 

fdi-rebound-in-africa-mainly-driven-by-north-africa

Sur le continent, c’est l’Afrique du Nord qui a le plus progressé, avec une croissance de 277 % en un an. 

Si l’Égypte a été le moteur de cette croissance, avec une augmentation de 9,8 milliards de dollars à 45,6 milliards en un an, tous les pays d’Afrique du Nord ont affiché une performance remarquable : L’Algérie a augmenté de 18% pour atteindre 1,2 milliard de dollars d’IDE, la Tunisie de 21% pour atteindre 936 millions de dollars et l’IDE au Maroc a augmenté de 55% pour atteindre 1,6 milliard de dollars. 

Plus important encore, la valeur des nouveaux projets (greenfield) en Afrique du Nord a augmenté de 12 % pour atteindre 76 milliards de dollars, ce qui représente les deux tiers du total des dépenses d’investissement sur le continent. Si l’Égypte a notamment bénéficié d’un mégaprojet unique de 35 milliards de dollars à Ras El Hekma (coentreprise Émirats arabes unis-Égypte), la Tunisie a contribué de manière significative, avec des annonces d’investissements nouveaux d’une valeur de 13 milliards de dollars (par rapport à une valeur proche de zéro en 2023) et une augmentation significative du nombre de projets. 

energy-construction-and-extractive-industries-were-the-leading-sectors-for-greenfield-investment-in-africa

Les nouveaux projets tirés par l’énergie et les infrastructures 

En 2024, le secteur de l’énergie s’est imposé comme le plus important pour les nouveaux projets. L’industrie des énergies renouvelables a enregistré une croissance substantielle tant en nombre qu’en valeur des projets. L’Égypte, la Tunisie et le Maroc se sont révélés être les principales destinations des projets d’énergie renouvelable. Bien que les besoins d’investissement dans la sécurité énergétique restent vastes, la tendance à la croissance souligne le rôle important de l’IDE dans l’amélioration de l’approvisionnement en énergie à travers l’Afrique et dans le soutien de l’évolution progressive de l’Afrique vers un avenir énergétique plus durable. 

Globalement, le secteur de la construction a représenté près de 10 % de la valeur totale des nouveaux projets sur le continent africain. Les industries extractives ont également enregistré une forte croissance, le nombre de projets et la valeur totale des investissements ayant augmenté d’environ un tiers. Ces évolutions reflètent, entre autres facteurs, un changement structurel dans les secteurs de l’énergie et des ressources en Afrique. Alors que les investissements dans les industries extractives pour les minerais essentiels et dans les projets d’énergie renouvelable augmentent, les IDE dans la transformation des combustibles fossiles sont en déclin. 

Bien qu’encore modeste en termes de part globale, l’économie numérique s’est imposée comme l’un des secteurs à la croissance la plus rapide, augmentant de plus de trois quarts en valeur de projet et de près d’un tiers en nombre de projets au cours des cinq dernières années. 

L’émergence d’une intégration régionale 

Les Émirats arabes unis se sont imposés comme les principaux fournisseurs d’investissements directs étrangers en Afrique du Nord, représentant plus de 40 % des montants d’IDE, devant l’Europe (en particulier la France, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Pologne), l’Asie (la Corée du Sud et la Chine) et l’Amérique du Nord (le Canada et les États-Unis). 

Ces chiffres viennent contredire les idées reçues selon lesquelles l’engagement européens diminue au profit de la Chine. Si les investisseurs chinois ont été très actifs ces dernières années pour analyser les opportunités en Afrique du Nord, il semble qu’ils ne soient pas encore passés à l’action autant qu’on pouvait l’attendre. En revanche, l’engagement des émiratis dans la transition urbaine, énergétique, porté par leur capacité à intervenir sur des méga projets, et la fidélité des investisseurs européens à cette région où ils ont longtemps été les premiers investisseurs, semble montrer les prémices d’une intégration croissante au sein de cette zone EMEA. 

Si vous souhaitez en savoir plus, vous pouvez consulter le rapport complet de UNCTAD 2025.